
PASTEUR2030
La Région Île-de-France en soutien au futur centre de recherche sur les maladies à transmission vectorielles

La construction du futur centre de recherche sur les maladies à transmissions vectorielles (CMTV) constitue un chantier immobilier d’envergure qui a impliqué la déconstruction des bâtiments Darré, Borrel et Viala.
Pour que ce nouveau bâtiment puisse voir le jour à horizon 2027/2028, l’Institut Pasteur pourra s’appuyer sur la Région Île-de-France qui constitue un partenaire essentiel du projet. La région francilienne a en effet annoncé récemment sa contribution financière sur deux plans : la construction de l’infrastructure en elle-même et l’installation de certains équipements, aussi onéreux qu’indispensables aux travaux scientifiques ambitieux qui seront réalisés au sein du futur centre.
Le projet de CMTV permet à l’Institut Pasteur, grâce à ce soutien, de figurer parmi les leaders européens de la recherche One Health, et de renforcer sa position en tant qu’acteur de la santé publique. Ce rayonnement scientifique sera présenté à l’occasion du sommet présidentiel One Health du 5 au 7 avril prochains à Lyon.
« Le double soutien apporté par la Région Île-de-France est une reconnaissance forte de l’ambition et de l’excellence scientifique du projet CMTV. Je tiens à féliciter toutes les équipes mobilisées sur ce projet complexe à la croisée de nombreuses expertises. Nous disposerons avec ce centre d’un outil de recherche extraordinaire qui portera haut la recherche pasteurienne. »
Patrick Trieu-Cuot, directeur aux affaires scientifiques
Contrat plan État-Région Île-de-France
En décembre dernier, la présidente de la Région Île-de-FranceValérie Pécresse annonçait « la reprise du financement des opérations du CPER (Contrat de plan État-Région, lire l'encadré plus bas) 2021-2027 avec un budget régional dédié à la relance des projets en attente afin de répondre aux besoins prioritaires, notamment ceux dont la maturité permet une mise en œuvre rapide ». Parmi les projets prioritaires figurait la construction du CMTV qui obtient un budget de 10 millions d’euros, décision votée le 29 janvier dernier par les élus régionaux. Cette enveloppe servira à la construction de l’infrastructure en elle-même dans le respect et l’application des normes déployées pour ce bâtiment unique.
Dispositif SESAME FEDER de la Région Île-de-France pour les équipements
Le futur centre pourra également s’appuyer sur le soutien de la Région Île-de-France grâce à une enveloppe budgétaire issue du dispositif SESAME FEDER (lire l'encadré plus bas), co financé par l’Union européenne, de près de 3,5 millions d’euros accordée au projet FROZEN-3 présenté en 2024 par l’Institut Pasteur, et porté par Michael Nilges, Matthijn Vos et Ariane Briegel. Étroitement lié au CMTV, ce projet sera essentiel pour le développement d’équipements technologiques permettant des analyses par cryomicroscopie électronique de très haute résolution. Ces techniques d’imagerie rendront possible l’étude des microbes pathogènes les plus critiques et de leurs mécanismes d’infection à l’échelle moléculaire, et sans les dénaturer. Cette plateforme, unique par les services et les expertises qu’elle proposera, sera accessible à la communauté scientifique pasteurienne, francilienne, nationale et internationale. Les collaborations transversales ainsi engendrées illustreront l'excellence de la recherche effectuée en Île-de-France, tant au niveau national qu'international. Les recherches permises par FROZEN-3 apporteront une valeur immense dans l'avancement de la découverte de médicaments et la compréhension des processus pathogéniques, positionnant ainsi la région comme un pôle d'exploration scientifique de pointe.
« Je tiens à souligner que FROZEN-3 est avant tout un projet profondément collectif, à l’image de l’ambition qu’il porte : créer une plateforme unique au monde de nano-imagerie en conditions BSL-3, permettant d’étudier les pathogènes et les cellules infectées dans leur état quasi natif par cryo-microscopie électronique. Ce projet ambitieux repose sur les contributions d’Ariane Briegel et de Matthijn Vos. Nous avons également bénéficié d’un accompagnement déterminant du grant office, en particulier de Shauna Lee Katz. Enfin, de nombreux collègues sur le campus ont contribué, par leurs échanges, leurs conseils et leur soutien, à faire émerger cette vision, qui dépasse largement les capacités actuelles et ouvre des perspectives inédites pour l’étude des interactions hôte–pathogène. »
Michael Nilges, responsable de l'unité Bio-Informatique structurale et anciennement directeur de la technologie
« Ces deux financements sont essentiels pour l’atteinte des objectifs du projet CMTV, tant sur le plan immobilier que technologique. Ils témoignent de la dimension novatrice de ce projet, de son ambition et de la mobilisation collective des équipes impliquées : DRSE-RT (SIT, SRSE, SPR), le groupement de maîtrise d’œuvre du projet immobilier, la plateforme de Nano-imagerie, l’unité de Biologie Cellulaire Structurale Intégrative, la Direction de la Technologie, le Grants Office, ainsi que les services d’accompagnement.
Merci à toutes et tous pour votre expertise et votre engagement dans ce projet structurant pour l'Institut. »
Anna Kehres, directrice du projet d’infrastructure CMTV
Construction inédite, ce futur bâtiment se distingue à la fois par la complexité de ses enjeux techniques et par son ambition environnementale. Son chantier se déroule au cœur même d’un campus en activité et nécessite une organisation logistique optimisée et une coordination étroite avec le chantier voisin du bâtiment Roux afin de conduire à son intégration architecturale dans son environnement patrimonial.
Conçu dans une démarche environnementale ambitieuse, le projet vise le niveau E3C1 (Energétique niveau 3 et carbone niveau 1) référentiel qui consiste à minimiser les impacts d'un bâtiment sur l'environnement. Sa construction et son usage à venir sont ainsi particulièrement concernés. La conception du CMTV s’attache à l’utilisation de matériaux biosourcés et réemployés : façades et murs-rideaux en bois, béton fini, cheminées techniques en brique, ainsi que l’utilisation de matériaux issus du réemploi provenant de la démolition.
Le futur CMTV comprendra 3 500 m² de laboratoires de biosécurité niveaux 2 et 3 avec des équipements adaptés ainsi que deux laboratoires dédiés aux urgences sanitaires. Il abritera également des laboratoires plus “classiques”, des insectariums et des animaleries, des bureaux, des salles de réunion et des locaux techniques. Au total, le CMTV accueillera 240 chercheurs et expérimentateurs, Pasteuriens ou partenaires, avec des espaces dédiés aux partenariats externes (lire l’article du BIP du 6 février sur les premières entités qui rejoindront le CMTV). IIl regroupera également des plateformes de pointe afin de renforcer l’excellence scientifique de l’Institut Pasteur, et de la France, dans le domaine de la recherche autour des maladies vectorielles. Cette composition riche et variée représente aussi un défi d’intégration pour répondre aux défis de recherche et de santé.
Qu’est qu’un CPER ? Un contrat de plan État-Région (CPER) constitue un véritable outil de développement entre l’État et les régions. Il formalise ainsi les engagements réciproques de l'État et de la Région sur la programmation et le financement de gros projets d'aménagement du territoire. Le CPER est un document contractuel qui engage pour six ans ces deux institutions sur le cofinancement de projets structurants, notamment en matière de transports, aménagement du territoire, transition énergétique et rénovation des établissements d’enseignement supérieur. La « génération » de CPER qui s’articule sur la période 2021-2027, et dont bénéficie désormais l’Institut Pasteur dans le cadre de la construction du CMTV, traduit ce véritable souhait de dialogue entre l’État et les collectivités territoriales. CPER avec la Région Île-de-France Transports, logement, environnement, égalité des territoires et enseignement supérieur, l'Île-de-France et l’État se sont entendus sur un nouveau CPER pour améliorer le quotidien des Franciliens jusqu’en 2027. Le CPER 2021-2027 s'articule autour de 6 priorités :
Le grand intérêt de cette programmation pluriannuelle est qu'elle permet de mutualiser les moyens de l’État et de la Région autour de projets partagés, renforçant ainsi la cohérence et l’efficacité de leurs interventions au service des Franciliens. Qu’est-ce que le programme SESAME FEDER ? L'objectif principal du dispositif SESAME est de faire du territoire francilien une référence mondiale en matière de science et de technologie en donnant aux laboratoires les moyens nécessaires pour développer de nouveaux projets et pour mettre en œuvre des dispositifs expérimentaux originaux de recherche. En cofinançant des équipements de pointe et des plateformes mutualisées et ouvertes à la communauté scientifique, mais aussi aux entreprises franciliennes, à travers le programme SESAME FEDER – plateformes de recherche, la Région participe ainsi à la structuration des différents pôles d'excellence de l'Île-de-France et à leur attractivité. | ||


