
PASTEUR2030
Organoïdes : les enjeux d’une technologie - retour sur la journée de la recherche translationnelle du 26 janvier et zoom sur le projet HITOC, lauréat PEPR-MEDOOC

• Une journée dédiée aux modèles organoïdes
Le 26 janvier dernier, Samy Gobaa, Kenneth McElreavey, Miria Ricchetti et Chiara Zurzolo, en collaboration avec la direction médicale, organisaient une nouvelle édition de son rendez-vous annuel de la Journée de la recherche translationnelle sur le thème : « Organoids from stem cells to diseases modeling ». Cet événement a réuni à la fois des chercheurs et des cliniciens leaders dans la recherche biomédicale pour aborder plusieurs axes associés aux organoïdes et directement reliés aux priorités scientifiques du plan stratégique Pasteur 2030.
À cette occasion, quatre grands thèmes étaient proposés, structurant le rendez-vous en quatre sessions :
Systèmes organoïdes modélisant les interfaces humaines et le cerveau en développement avec Chiara Zurzolo, Karl Koehler, R. Iwata et Alexandre Baffet
Les organoïdes tout au long de la vie : du développement au vieillissement avec Kenneth McElreavey, Alain Chedotal, Miria Ricchetti, Shahragim Tajbakhsh et Han Li
Les organoïdes pour la modélisation des maladies avec Samy Gobaa, Anne Grapin-Botton, Danijela Matic-Vignyevic, Marc Lecuit et Nathalie Sauvonnet
Modèles organoïdes de la biologie humaine et leurs frontières éthiques avec Miria Ricchetti, Anu Bashamboo, Lisa Chakrabarti et Denis Duboule.
Cet événement a particulièrement fait écho aux enjeux pour l'Institut Pasteur de continuer à enrichir et diversifier son environnement technologique et à en faciliter l’accès.
Offrant une nouvelle façon d’étudier, in vitro, les interactions biologiques et les mécanismes des maladies, à la fois sous un angle tridimensionnel et en intégrant plusieurs types cellulaires, les modèles à base d’organoïdes font partie intégrante du parc technologique pasteurien. Ils répondent aujourd’hui au besoin d’accentuer l’exploration des tissus barrières, tels que l’intestin, les poumons et la peau, particulièrement exposés aux infections, aux maladies inflammatoires et aux cancers. Ces systèmes permettent également d’envisager l’étude d’organes clés difficilement accessibles aux biopsies, comme les gonades ou le cerveau.
Par ailleurs, de nombreux axes de recherche au sein des campus pasteuriens basés sur des organoïdes sont développés en collaboration avec des partenaires tels que l’Institut Imagine et l’Institut Necker-Enfants Malades (INEM) à la faveur d’une science collaborative.
• Projet HITOC lauréat du PEPR MED-OOC : développer un modèle Organ-on-chip intestinal multi-segmentaire et neurocompétent
Le programme de recherche exploratoire Organes et organoïdes sur puces (PEPR MED-OOC) de France 2030 vise à déployer en France une nouvelle génération de modèles biologiques grâce au développement d’organes et d’organoïdes sur puces (O&OoC). L’État a confié son pilotage au CEA, au CNRS et à l’Inserm. MED-OOC est financé par France 2030 sur six ans et dispose d’un budget de 48,4 M d’€ opéré par l’ANR.
Lancé en mars 2025, l’appel à projets MED-OOC a pour ambition de soutenir des projets bâtis autour de consortiums rassemblant les expertises et la synergie nécessaires à la réalisation du projet proposé, avec un financement compris entre 1 M€ et 2,5M€ pour une durée de 3 ou 4 ans.
Parmi les 13 projets soutenus et annoncés en janvier dernier figure le projet HITOC, pour lequel l’Institut Pasteur est partenaire. Ce consortium vise le développement d’un modèle Ooc intestinal multi-segmentaire et neurocompétent à partir de cellules souches hiPSC pour l’étude des maladies infectieuses intestinales. Il est porté par Nathalie Sauvonnet, responsable du groupe Homéostasie tissulaire au sein de la plateforme technologique Biomatériaux et microfluidique dirigée par Samy Gobaa.
« Notre projet HITOC répond à une limite majeure des modèles in vitro actuels de l’intestin humain : l’absence de systèmes physiologiquement segmentés et intégrant un système nerveux entérique (SNE) fonctionnel, capables de reproduire la complexité structurale, fonctionnelle et électrophysiologique du tractus digestif. En combinant auto-organisation des organoïdes, microfabrication et analyse fonctionnelle, HITOC établit un nouveau standard pour la modélisation intestinale humaine (on-chip) et offrira un outil de référence pour l’étude des infections, des interactions hôte-microbiote et des troubles neurogastro-intestinaux dans un contexte préclinique entièrement humain. »
Nathalie Sauvonnet
