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06 février 2026

BULLETIN INTERNE DE L'INSTITUT PASTEUR

Institut Pasteur
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PASTEUR2030

CMTV : les 7 premières unités pasteuriennes qui investiront le centre en 2028

 

Si l’Institut Pasteur dispose d’une expertise inégalée dans le domaine des maladies infectieuses depuis plus de 140 ans, il s’est également imposé depuis longtemps en tant qu’acteur de premier plan dans la surveillance, la compréhension et l’étude des maladies émergentes. En écho à cet héritage et à cette expertise, le plan stratégique Pasteur 2030 vise à renforcer le positionnement d’excellence de l’Institut Pasteur en matière de connaissances, de compréhension et de contrôle des infections émergentes, en particulier celles transmises par des vecteurs. Des atouts qui permettent également à l’institut de figurer parmi les leaders mondiaux dans la prévention et la gestion des pandémies.

Pour accroitre son impact, et celui de la France, dans ces domaines et à l’heure où la planète est entrée dans une ère de changements climatiques et environnementaux, l’Institut Pasteur a débuté, en 2023, la construction d’un futur centre de recherche de très haut niveau scientifique et technologique qui répondra à ses enjeux. En rendant possible la réalisation de projets de recherche ambitieux, cette infrastructure contribuera à renforcer le positionnement de l’Institut Pasteur en tant que référence mondiale dans le décryptage des pathogènes. Ce centre constitue un projet phare de la priorité scientifique 2 “Transitions environnementales et santé” du plan stratégique Pasteur 2030 qui bénéficiera de surcroît très étroitement aux travaux de la priorité scientifique 1 “Menaces infectieuses”.

Le CMTV regroupera un centre d’élevage de la plupart des vecteurs responsables de la transmission de pathogènes majeurs et des installations uniques en microscopie permettant d’imager l’infection à tous les niveaux (moléculaire, cellulaire, tissulaire, organisme entier), le tout dans des environnements hautement sécurisés. Le bâtiment a été conçu pour faciliter et stimuler les interactions entre unités, favorisant ainsi les aspects interdisciplinaires et accélérant les opportunités d’innovations. Les 3 plateformes (bio-imagerie photonique, nano-imagerie et centre de production de vecteurs insectes) travailleront en interaction étroite non seulement avec les 14 unités qui au final rejoindront le CMTV mais aussi avec les équipes du campus, celles du Pasteur Network et les partenaires nationaux et internationaux de l'Institut Pasteur. Le CMTV sera donc un acteur majeur du rayonnement de l’Institut Pasteur.  

•    7 premières entités invitées à rejoindre le CMTV dès 2028

À l’occasion d’une réunion du comité de direction scientifique, en échange étroit avec la direction générale, 7 premières unités pasteuriennes ont été retenues et invitées à s’installer au sein du centre à partir de 2028.

La direction de l’Institut Pasteur a ainsi le plaisir de vous annoncer l’installation à venir de :

  • l’unité Infection et immunité paludéennes dirigée par Rogerio Amino
  • l’unité Biologie cellulaire des trypanosomes dirigée par Philippe Bastin
  • l’unité Arbovirus et insectes vecteurs dirigée par Anna-Bella Failloux
  • l’unité Interactions virus-insectes dirigée par Louis Lambrechts
  • l’unité à 5 ans (U5) Biologie de l’infection et de la transmission de plasmodium dirigée par Liliana Mancio
  • du groupe à 5 ans (G5) Immunité et infection des insectes dirigé par Sarah Merkling
  • l’unité Virus et interférence ARN dirigée par Carla Saleh


 

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"Le paludisme demeure la maladie à transmission vectorielle la plus meurtrière au monde. Cette maladie est causée par des parasites du genre Plasmodium, transmis par la piqûre de moustiques infectés. L'unité « Infection & Immunité Paludéennes » axe ses recherches sur trois points : (1) Comprendre comment les parasites se développent chez les moustiques et comment ils infectent leurs hôtes insectes et mammifères. (2) Comprendre comment le système immunitaire élimine efficacement les parasites qui transitent par la peau et se multiplient dans le foie. (3) À terme, développer des anticorps et des vaccins multi-antigéniques pour bloquer l'infection, la maladie et la transmission parasitaire.

En bénéficiant d'installations de pointe dédiées à l'imagerie, à la production de moustiques et à l'infection des hôtes, notre installation au CMTV nous permettra de contribuer à la création d'une synergie locale et communautaire d'expertises multidisciplinaires. Cette combinaison novatrice et originale favorisera grandement la formation des étudiants et des collaborateurs, les études mécanistiques pour comprendre la biologie des agents pathogènes et les maladies qu'ils provoquent, ainsi que le développement de nouvelles stratégies de lutte contre ces maladies à transmission vectorielle. Le CMTV permettra également de renforcer les stratégies globales associées à d'autres initiatives, comme le Centre de Vaccinologie et d'Immunothérapie (CVI), entre autres. "

Rogerio Amino, au nom de l’unité Infection et immunité paludéennes 
 

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 “L’unité de Biologie cellulaire des trypanosomes étudie le parasite Trypanosoma brucei qui est transmis par la piqûre de la mouche tsé-tsé et est responsable de maladies graves chez l’homme et le bétail en Afrique. L’équipe de Brice Rotureau s’intéresse au mode de transmission du parasite et à son développement dans la mouche et dans le modèle animal, mais aussi chez l’humain en partenariat avec l’Institut Pasteur de Guinée.

L’équipe de Philippe Bastin décortique la biologie cellulaire de ce parasite atypique, avec une attention particulière pour son cytosquelette et son flagelle. Le déménagement au CMTV va accélérer leurs recherches à tous les niveaux : le nouvel centre de production de vecteurs (CEPIV) permettra une gestion optimale de l’élevage de mouches tsé-tsé et les outils exceptionnels d’imagerie vont révéler l’anatomie du parasite et sa dynamique lors de son développement chez la mouche et chez le modèle animal, offrant ainsi une vision intégrée de l’infection nécessaire à la mise au point d’outils performants pour le diagnostic et le traitement. Philippe Bastin a initié le projet CMTV et assuré sa genèse depuis 2013 en interaction avec les unités de recherche, les plateformes technologiques et les services techniques et administratifs de l’institut.”

Philippe Bastin, au nom l’unité Biologie cellulaire des trypanosomes 

      

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L’équipe Arbovirus et insectes vecteurs (AIV) développe trois axes principaux de recherche : (i) contribuer aux actions de santé publique en mettant à disposition son expertise dans les infections expérimentales de moustiques par des arbovirus, (ii) mieux comprendre les mécanismes contrôlant les interactions virus-vecteur, et (iii) explorer des méthodes alternatives de lutte antivectorielle autres que les insecticides (par exemple, la bactérie Wolbachia). AIV intervient en première ligne des émergences en aidant à identifier les arbovirus présents dans les moustiques collectés sur le terrain et en mesurant la compétence vectorielle des vecteurs suspectés (chikungunya à La Réunion en 2005, Zika en Amérique en 2015, fièvre jaune au Brésil en 2018). AIV a apporté une contribution importante à la compréhension des effets combinés des facteurs génétiques et environnementaux influençant la compétence vectorielle des moustiques pour les arbovirus.

Nous nous réjouissons de notre installation prochaine au cœur du CMTV qui constituera un environnement unique au monde rassemblant des équipes qui apporteront des solutions à la lutte contre les maladies vectorielles. Les recherches qui y seront menées seront le socle scientifique à l’élaboration d’outils de contrôle des vecteurs plus respectueuses de l’environnement que les insecticides. Les liens privilégiés que nous avons établis avec le Pasteur Network seront un atout majeur pour affiner ces nouveaux outils. Par ailleurs, le CMTV sera un bâtiment ouvert aux équipes du campus, et devra s’alimenter également des collaborations avec nos partenaires institutionnels (IRD, INRAe, Cirad, ANRS-MIE, CNRS, Inserm…) et entretenir ce lien privilégié avec les instituts du Pasteur Network.

Anna-Bella Failloux, au nom de l’unité Arbovirus et insectes vecteurs 

 

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"L’unité Interactions Virus–Insectes cherche à comprendre les mécanismes qui gouvernent la transmission des arbovirus par les moustiques, depuis la variabilité observée dans les populations naturelles jusqu’aux processus moléculaires sous-jacents. Nos recherches reposent sur une approche véritablement intégrative : nous explorons comment l’écologie et l’évolution des moustiques déterminent leur capacité à transmettre les virus et la dynamique épidémiologique. Par exemple, nous avons montré que l’évolution récente du moustique Aedes aegypti a contribué à façonner l’émergence du virus Zika à travers le monde. L’unité combine des approches de génétique forward, qui tirent parti de la diversité naturelle pour identifier les gènes responsables des différences d’efficacité dans la transmission virale, et de génétique inverse, qui permet ensuite d’élucider la fonction de ces gènes dans les interactions vecteur–virus.

L’installation de notre unité au CMTV marquera une étape clé pour amplifier notre approche intégrative, en reliant les niveaux d’analyse, du gène au comportement et à la population. Elle ouvrira aussi la voie à de nouveaux axes sur l’adaptation des moustiques aux changements environnementaux rapides, tels que l’urbanisation et le réchauffement climatique, qui influencent profondément la biologie, la distribution et la capacité vectorielle de ces insectes. Ce déménagement représente une opportunité unique d’accélérer notre contribution à la compréhension intégrée des maladies à transmission vectorielle, au cœur du Pasteur Network."

Louis Lambrechts, au nom de l’unité Interactions virus-insectes

 

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“L’unité Biologie de l’infection et de la transmission de Plasmodium contribue à la compréhension des mécanismes impliqués dans l’infection et la transmission des parasites responsables du paludisme, en particulier des espèces à l’origine de rechutes. Nos travaux reposent sur des modèles murins humanisés, des systèmes de tissus humains de bio-ingénierie ainsi que sur des technologies de pointe en imagerie et en analyses multi-omiques. L’intégration de notre unité au sein du nouveau bâtiment renforcera nos capacités de recherche grâce à des infrastructures à la pointe de la technologie. Cet environnement favorisera les synergies avec les autres équipes scientifiques du CMTV, ainsi que le développement de collaborations avec des équipes internationales travaillant en zones d’endémie et avec le Pasteur Network.”

Liliana Mancio, au nom de l’unité à 5 ans Biologie de l’infection et de la transmission de plasmodium

 

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"L’unité Immunité et Infection des Insectes (G5) concentre ses recherches sur le moustique Aedes aegypti et sur l’un des principaux virus qu’il transmet, le virus de la dengue. L’objectif est d’identifier les déterminants moléculaires qui conditionnent l’infection et la transmission du virus par le vecteur. Pour ce faire, nous mobilisons des approches intégrées associant séquençage unicellulaire, édition du génome par CRISPR/Cas9 et analyses computationnelles avancées.

Le CMTV constitue une opportunité unique de développer de nouveaux projets interdisciplinaires, en synergie avec les équipes qui s’y installeront, les nouvelles plateformes technologiques et un réseau de partenaires français, européens et internationaux associés au projet.

D’ici à 2028, nous définirons et lancerons les projets prioritaires à déployer au CMTV, notamment ceux liés au changement climatique, en collaboration avec les instituts ultramarins et le Pasteur Network."  

Sarah Merkling, au nom du groupe à 5 ans Immunité et infection des insectes

 

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"L'unité Virus et interférence ARN étudie une question fondamentale : comment les insectes font-ils face aux infections virales ? Cette question a des implications profondes pour la santé humaine, car les moustiques et autres insectes sont des vecteurs majeurs de maladies virales qui touchent des millions de personnes dans le monde. Nous travaillons avec Drosophila melanogaster pour mener des études mécanistiques détaillées et avec les moustiques Aedes (vecteurs de la dengue, du Zika, du chikungunya et de la fièvre jaune) afin de transposer nos découvertes dans la lutte contre les maladies, en combinant notre expertise en génétique, virologie, entomologie, évolution, biologie moléculaire et cellulaire, et bio-informatique. 

Le CMTV va révolutionner nos recherches en permettant le suivi in vivo des infections virales chez les insectes et en abordant des questions fondamentales telles que le tropisme tissulaire viral, la manière dont les infections perturbent l'homéostasie intestinale et l'influence du microbiote sur la condition physique des moustiques, la santé intestinale et la compétence vectorielle. L'expertise humaine et les ressources de pointe du CMTV vont enrichir nos recherches et accélérer les découvertes. Au-delà de notre équipe, le CMTV renforcera les collaborations avec le Pasteur Network, en fournissant à des partenaires du monde entier des outils et une expertise de pointe en entomologie médicale et en arbovirologie, tout en enrichissant nos recherches grâce à leurs connaissances sur le terrain et à leur surveillance diversifiée des agents pathogènes. 

Pour l'Institut Pasteur, le CMTV représente une occasion unique de devenir leader dans le domaine des maladies à transmission vectorielle en embrassant toute la complexité des écosystèmes pathogènes : hôte humain, vecteur arthropode, agent pathogène et environnement."

Carla Saleh, au nom de l’unité Virus et interférence ARN

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