
PASTEUR2030
Programmes de recherche PEPR MIE et PEPR PREZODE : plusieurs équipes pasteuriennes à l’honneur

Les 20 et 21 janvier dernier, l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) a annoncé les résultats du troisième appel à projets du programme et équipements prioritaires de recherche sur les maladies infectieuses émergentes (PEPR MIE) et de l’appel à candidatures pour des chaires junior ainsi que les lauréats pour l’appel à projets PEPR PREZODE (pour Preventing Zoonotic Diseases Emergence).
Ces deux programmes s’inscrivent au cœur de la stratégie nationale d’accélération « Maladies infectieuses émergentes et menaces nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (MN) », partie prenante du volet recherche du plan France 2030 qui a pour objectif de donner à la France les moyens de se préparer à une nouvelle crise sanitaire majeure, en renforçant la compréhension des phénomènes d’émergence, leur prévention et leur prise en charge globale.
Résultats du troisième appel à projets PEPR MIE
Le PEPR MIE, piloté par l’Inserm à travers l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE), doit permettre de mieux comprendre comment prévenir et contrôler efficacement les phénomènes d’émergence des maladies infectieuses, mais également développer des contre-mesures pour diagnostiquer, protéger ou traiter les personnes et permettre la mise en place de politiques de santé fondées sur les évidences scientifiques et adaptées au contexte spécifique de la crise. Il se décline en trois volets :
- Volet 1 : Accélérer l’acquisition de connaissances sur les MIE
- Volet 2 : Organiser et développer de nouveaux traitements, vaccins et autres outils de prévention, diagnostics et outils de surveillance pour les MIE
- Volet 3 : Permettre aux politiques publiques et à la société de faire face aux crises épidémiques.
Sur les 36 candidatures déposées pour ce troisième appel à projets, neuf ont été retenues, parmi lesquelles figurent :
Deux projets pilotés par des équipes pasteuriennes :
Flu-PREDICT, dirigé par l’équipe de Nadia Naffakh, responsable de l’unité Biologie des ARN et virus influenza, s’intègre dans le volet 1 et se définit par une approche hybride, expérimentale et d’apprentissage automatique, pour prédire le réassortiment entre virus grippaux aviaires et humains ou porcins.
INFODEM-EARLY, mené par Léonard Heyerdahl, postdoctorant au sein de l’unité Anthropologie et écologie de l’émergence des maladies dirigée par Tamara Giles-Vernick, soutient le volet 3 et a pour ambition de créer une plateforme d’anthropologie augmentée pour la détection, la classification et l’atténuation en temps réel des infodémies, afin de renforcer la confiance vaccinale envers les arboviroses dans les départements et régions d’outre-mer français.
Six équipes pasteuriennes impliquées dans cinq autres projets :
CHICAGO : les équipes de Marc Lecuit et de Félix Rey participent à ce projet qui s’intégre dans volet 1 et qui vise à décrypter les mécanismes moléculaires et cellulaires de la réplication et de la pathogénèse du virus chikungunya chez l’hôte mammifère et le vecteur insecte.
CCHFabric : l’équipe de Pablo Guardado-Calvo est partenaire de ce projet représentant le volet 1 et qui va étudier les facteurs hôtes et viraux qui régissent le mécanisme d’assemblage du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHFV) et des orthonairovirus.
MuST-RSV : l’équipe de Marie-Anne Rameix-Welti collabore dans ce projet dépendant du volet 1, qui a pour objectif d’aborder la multiplication du Virus Respiratoire Syncytial (VRS) sous un nouvel angle en se concentrant sur la régulation multi-échelle de la transcription et de la traduction au cours de l’infection par le VRS.
Disorder-to-adapt : l’équipe de Nadia Naffakh s’associe à ce projet inhérent du volet 1, qui s’intéresse à la caractérisation du rôle des protéines désordonnées dans l’adaptation de la grippe aviaire aux humaines, et l’exploitation de ces connaissances pour explorer de nouvelles approches au développement des inhibiteurs viraux.
CATMOS : l’équipe de Marcel Hollenstein est impliquée dans ce projet relevant du volet 2, qui ambitionne de développer une technologie de rupture qui permettra de surveiller la présence de pathogènes dans l’air, pour contrôler plus efficacement les maladies infectieuses respiratoires émergentes et ré-émergentes, tant au niveau individuel que collectif.
Résultats de l’appel à candidatures Chaires junior 2025 PEPR MIE
Parmi les cinq nouvelles Chaires junior sélectionnées fin 2025, deux scientifiques pasteuriens sont à l’honneur :
Marine Petit pour le projet TICK-TACK-TOE qui vise à comprendre les interactions entre stress cellulaire, immunité et infection virale chez la tique pour bloquer la transmission des arbovirus hémorragiques.
Thomas Vial pour le projet CLIMARBO qui a pour objectif de déchiffrer les mécanismes moléculaires, cellulaires et métaboliques par lesquels le changement climatique influe sur la compétence vectorielle des moustiques.
Lire le communiqué de presse PEPR MIE
Résultats du troisième et dernier appel à projets PEPR PREZODE
Le PEPR PREZODE, piloté par l’IRD, le CIRAD, et l’INRAE, doit renforcer la production de connaissances et le développement d’outils pour définir des stratégies innovantes de réduction des risques et de détection précoce des émergences. Ce troisième appel à projet a été lancé en 2025 pour soutenir des projets interdisciplinaires de recherche fondamentale qui viseront à identifier des solutions de prévention pour diminuer le risque d’émergence de maladies zoonotiques, sur 3 axes :
- Identifier les facteurs de risque et de résilience qui pourraient être ciblés par des stratégies de prévention contre les zoonoses.
- Co-construire des stratégies de prévention des zoonoses et caractériser leurs impacts épidémiologique, sociologique, culturel et économique.
- Comprendre les facteurs socio-culturels pouvant biaiser ou rendre inopérantes les stratégies de préventions et évaluer leur acceptabilité.
À l’issue de l’évaluation des 13 projets éligibles par un jury international d’experts, 2 projets de recherche ont été sélectionnés parmi lesquels figure le projet CARE (Community Awareness and Response for Emerging zoonotic outbreaks) de Katherine Worsley-Tonks, post-doctorante au sein de l’unité Lyssavirus, épidémiologie et neuropathologie, dirigée par Hervé Bourhy.
Le projet CARE vise à renforcer la prévention des maladies zoonotiques émergentes en co-construisant avec les communautés des cadres flexibles de réduction des risques, favorisant l’adoption à long terme des mesures de prévention et améliorant la détection précoce des cas. Le projet évaluera l’impact de cette approche sur les connaissances et représentations des zoonoses, l’adoption des comportements préventifs, la surveillance communautaire, la compréhension épidémiologique et le rapport coûts-bénéfices associés. Il sera mis en œuvre dans des contextes écologiques, socio-économiques et culturels contrastés en Afrique (Cameroun, Côte d’Ivoire, Zimbabwe) et en France, et ciblera plusieurs agents pathogènes aux profils épidémiologiques distincts, notamment la grippe aviaire, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo et la rage, afin de tester la transférabilité et la robustesse du cadre proposé.