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Journée mondiale de lutte contre le paludisme: participez à la table-ronde "Paludisme : sommes-nous tous concernés ?" et découvrez en parallèle une collection de cartes postales anciennes intitulée "Le Moustique voilà l'ennemi !"
Dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme qui se tient annuellement chaque année le 25 avril, l’Institut Pasteur vous propose de participer à une table-ronde dédiée au grand public afin de mieux comprendre cette maladie et découvrir, via le musée Pasteur et le CeRIS, une collection de cartes postales anciennes intitulée « Le Moustique voilà l'ennemi ! ».
Table-ronde « Paludisme : sommes-nous tous concernés ? » le 24 avril

En collaboration avec l’Inserm, l’Institut Pasteur vous invite à participer à une table-ronde ouverte au grand public intitulée « Paludisme : sommes-nous tous concernés ? », le vendredi 24 avril, de 17h à 19h, dans l’amphithéâtre Émile Duclaux.
Chaque année, le paludisme touche des millions de personnes dans le monde. Mais au-delà des chiffres, que savons-nous vraiment de cette maladie et en quoi nous concerne-t-elle ?
Durant cet événement, différents chercheurs, cliniciens ainsi qu’une artiste se réuniront pour éclairer les multiples facettes du paludisme : les symptômes, les avancées en matière de diagnostic et de traitements, la situation mondiale mais également les enjeux humains et sociétaux.
La table-ronde, animée par la journaliste santé Danielle Messager, se déroulera en français et accueillera :
David Fidock, chercheur et conseiller scientifique au sein de la direction aux affaires scientifiques de l'Institut Pasteur,
Liliana Mancio responsable de l'unité à 5 ans Biologie de l’infection et de la transmission de Plasmodium à l'Institut Pasteur,
Benoit Gamain, responsable de l'unité Pathogenèse du paludisme sévère au sein du Centre d’Immunologie et des Maladies Infectieuses,
Valentin Joste, post-doctorant dans l'unité Rate, infections et parasites,
Fleur Mounier, artiste photographe.
N’hésitez pas à participer à cet évènement unique pour mieux comprendre une maladie majeure et échanger directement avec celles et ceux qui la combattent au quotidien.
Inscription gratuite mais obligatoire
« Le Moustique voilà l'ennemi ! » : des cartes postales contre le paludisme
Le musée Pasteur et le CeRIS vous proposent de découvrir une collection de cartes postales intitulée « Le Moustique voilà l'ennemi ! ».
Le paludisme : de la découverte du parasite à son traitement
Le paludisme est une maladie parasitaire causée par des protozoaires du genre Plasmodium. En 1880, Alphonse Laveran (1845-1922) identifie le parasite, découverte qui lui vaudra le prix Nobel en 1907. Le rôle du vecteur, le moustique anophèle, n'est démontré qu'entre 1897 et 1900 par Ronald Ross (1857-1932) et Patrick Manson (1844-1922). Quant au remède, la quinine, elle a été isolée dès 1820 par Joseph Pelletier (1788-1942) et Joseph Caventou (1795-1877) à partir de l'écorce de quinquina.

1916 : L'Armée d'Orient « immobilisée dans les hôpitaux »
En automne 1916, alors que le front des Balkans est ouvert depuis un an, le général Maurice Sarrail (1856-1929) lance un cri d'alarme depuis le camp de Salonique : son armée est paralysée, non par l'ennemi, mais par la maladie !
Entre juin et décembre 1916, on dénombre environ 60 000 cas de paludisme dans les troupes françaises, soit plus de la moitié de l'effectif. Ce désastre sanitaire menace directement l'issue du conflit. Face à l'urgence, le sous-secrétaire d'État Justin Godart (1871-1956) missionne deux Pasteuriens, les frères Edmond (1876-1969) et Étienne Sergent (1878-1948), pour instaurer un plan de campagne antipaludique moderne.

« Le Moustique voilà l'ennemi ! » : une pédagogie par l'image
Pour les frères Sergent, la victoire passe par la conviction des soldats. Ils lancent une vaste campagne de propagande incluant des conférences, des tracts et surtout une série célèbre de 10 cartes postales éditées par le Sous-Secrétaire d’État du Service de Santé de la Mission Prophylactique de l'Armée d'Orient (MPAO).
Ces cartes illustrent les « dix commandements de l'Institut Pasteur pour le Soldat de l'Armée d’Orient », écrits sous forme de vers faciles à mémoriser :
Des Moustiques te garderas / Afin de vivre longuement
De pommade tu t'enduiras / Te protégeant utilement
Auprès de l'eau ne te tiendras / Soit pour pêcher soit...autrement
Sous moustiquaire dormiras / En te bordant soigneusement
Avec amour l'entretiendras / Comme une arme, dévotement
Le moindre accroc éviteras / Ou répareras promptement
En santé te conserveras / Par la quinine sûrement
Chaque jour en avaleras / De fait et volontairement
Au "toubib" tu démontreras / Que tu l'as prise sagement
Pour ton pays tu le feras / Et pour ton bien pareillement

Le talent derrière ces illustrations est celui d’Albert Guillaume (1873-1942), l'un des caricaturistes et affichistes les plus renommés de la Belle Époque. Fils de l'architecte Edmond Guillaume et influencé par Jules Chéret, il était célèbre pour ses peintures brossant avec humour le portrait de la société parisienne ainsi que pour ses dessins satiriques publiés dans des revues comme Le Rire ou L'Assiette au Beurre. Réserviste dans l'infanterie pendant la Première Guerre mondiale, il mit son expérience du milieu militaire au service de la santé publique en créant ces images percutantes. Son style, à la fois populaire et précis, permit de transformer des ordres médicaux austères en une communication visuelle efficace et patriotique.
Un héritage pour la science et le patrimoine
L'apport de cette mission fut double. Sur le plan scientifique et militaire, l'application rigoureuse du plan des frères Sergent dont la quininisation obligatoire contrôlée par le réactif de Tanret, la cartographie des zones à risques ou encore la destruction des larves, fut un succès total. En 1917, l'incidence du paludisme chute de manière spectaculaire, permettant aux troupes françaises de devenir le fer de lance de l'offensive victorieuse de 1918.
Sur le plan patrimonial, ces cartes postales, aujourd'hui conservées à l’Institut Pasteur, témoignent des débuts de l'éducation sanitaire de masse. Elles rappellent que la lutte contre le paludisme, qui cause encore aujourd'hui des centaines de milliers de décès par an, repose autant sur les avancées médicales que sur la prévention et l'adhésion des populations.
Sources :
Article « Paludisme » sur le site de l’Institut Pasteur
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